Marjorie Fenestre

Temps de lecture : 2 minutes

• Pourtemps •

À trois jours de ce triste anniversaire, je me sens presque aussi fébrile qu’il a 7 ans, la tourmente en moins. Depuis le 18 février 2015, il y a un nouveau paramètre inscrit dans ma chair, comme un interrupteur, ou plutôt un détonateur, prêt à déclencher des vagues de tristesse. Elles sont de plus en plus rares mais de plus en plus inattendues et violentes.

Écrire un texte pour lui rendre hommage était une évidence. Le déclamer devant une foule ne l’était pas. Je me croyais incapable d’être face à une assemblée d’âmes en peine. J’avais déjà assez à faire avec la mienne sans supporter celle des autres.

La veille au soir de l’inhumation, j’ai imprimé le texte en plusieurs exemplaires. Un rien que pour lui, lu au chevet de son corps froid. J’ai ensuite glissé la feuille tout contre son cœur.

À ma grande surprise, je l’ai lu ce texte. Pas tout à fait “face” à tout le monde puisque je tournais le dos à la salle. Depuis l’annonce de sa mort, j’étais habitée par une force incroyable, je me sentais étrangement invincible. Le pire avait déjà tout terrassé, qu’est-ce qu’il pouvait arriver d’autre ?! A ma grande surprise, je l’ai lu ce texte. Avec ferveur, et même avec une lueur de joie. Parce qu’il transpirait tout l’amour qu’il y a entre mon père et moi.

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